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AVIS | Test de Ninja Gaiden III sur Xbox 360


A la fois brutal, sanglant et violent, Ninja Gaiden s’est au fil du temps forgé une réputation de best-seller parmi les différentes générations de joueurs. C’est en toute logique que la suite de Ninja Gaiden II se faisait attendre avec impatience par les plus grands fans de la série et fort heureusement, la Team Ninja nous fait l’honneur de sortir un troisième volet. Se sera l’occasion pour ce nouvel épisode d’hériter de quelques changements majeurs afin de rendre le game-play dorénavant plus accessible au grand public sans oublier l’arrivé d’un mode multijoueur qui s’annonce très prometteur.

Ninja Gaiden III est certainement l’un des jeux que j’attendais le plus durant cette année sur Xbox 360. Il faut dire que j’ai passé de très bons moments sur le précédent volet que j’ai testé le 1 mai 2011 sur Cobra System. Un peu moins de trois mois nous séparent de sa sortie officielle et comme vous avez pu le lire sur la plupart des sites et autres magazines spécialisés, le titre a reçu de très mauvaises critiques. J’ai été très étonné d’apprendre que l’un des meilleurs beat’em all de cette génération est passé du best-seller à un jeu très moyen voir sans le moindre intérêt pour certains. Non, c’est impossible ! Il me fallait vérifier la chose afin de constater si réellement tous ces journalistes et blogueurs disaient vrai. Ninja Gaiden III est-il réellement devenu un mauvais jeu ? C’est à cette question que vais tenter de répondre durant ce test complet.

Un scénario et une mise en scène soignée

La nouvelle aventure que nous offre Fumihiko Yasuda nous emmène à la rencontre de Mizuki Mcloud et Clifford Higgins tout deux envoyés en mission secrète par l’officier aux affaires étrangères du ministère de la défense japonais. Ils devront contrecarrer les plans machiavéliques d’une étrange organisation constituée principalement d’alchimistes et de grands scientifiques, les LOA. Leur but est simple : concevoir un dieu surpuissant en vue de détruire le monde et créer une nouvelle race humaine. Après avoir été contacté par Mizuki afin d’intervenir dans une terrible prise d’otage ayant lieu à Londres dans la résident du premier ministre, Ryu Hayabusa s’est malencontreusement retrouvé victime d’une malédiction liée à l’épée du dragon après avoir affronté un mystérieux guerrier. Ce sort d’origine slave à pour effet de réveiller toute la souffrance des âmes abattues par la main du ninja-dragon lors de ses précédentes missions. Ce mal réside en grande partie dans le bras droit de Ryu mais il se propage, peu à peu, dans le reste de son corps jusqu’à l’anéantir. Malgré cette souffrance insupportable qu’il ressent constamment, notre cher ninja est toujours aussi déterminé pour achever ses différentes missions et supprimer les dirigeants de la LOA une bonne fois pour toute. Après être retourné sur le destroyer Yunagi des forces d’auto-défense japonaise, Ryu fera aussi la connaissance d’une petite fille nommée Cana qui a perdue ses deux parents lors d’un tragique accident. De ce fait, Ryu sera encore plus déterminé pour mener à bien ses objectifs malgré le mal qui le ronge car ce dernier a juré de protéger, quoi qu’il arrive, Cana et sa mère adoptive Mizuki.

Bien qu’aux premiers abords, on pourrait penser que le scénario écrit par Masato Kato ne semble offrir aucunes originalités, il s’avère que ce dernier possède, bien au contraire, de nombreux rebondissements et nous dévoile même quelques secrets autour de la série. En effet, la trame scénaristique est bien plus complète et complexe que dans les anciens volets ou dans la plupart des beat’em all plus classiques. La Team Ninja a énormément travaillée sur la mise en scène pour nous plonger dans une nouvelle aventure inédite afin de captiver au mieux le joueur durant sa progression. A présent, Ryu possède une véritable personnalité avec un fort charisme tout comme les autres protagonistes qu’ils soient du coté des gentils ou bien des méchants. Trahison, folie, amour, vengeance, jalousie, folie, voilà les principaux thèmes traités dans cet opus avec une fin digne d’une grande production hollywoodienne. On est loin de l’époque où Ryu restait neutre avant chaque affrontement et avait beaucoup de mal à dialoguer lors des cinématiques. Non dans cet épisode, notre Ninja préféré possède des amis, dévoile ses sentiments et fait même preuve de compassion envers les siens.

Fidèle à la série, l’aventure nous emmène dans des lieux inédits tels que Londres, l’Arabie Saoudite, L’île Abismo, l’Antartique ou encore la Polynésie française. La Team Ninja adore nous faire voyager et nous envois même visiter le village de Ryu, se qui s’avère être un grand moment pour les fans. J’ai trouvé ce passage très plaisant et à la fois enrichissant mais malheureusement il n’est pas possible de se déplacer librement ou de discuter avec les habitants histoire de diversifié le game-play. Quoi qu’il en soit, le scénario et la mise en scène apportent une véritable fraicheur à la série tandis que nous évoluons dans une génération où ce type d’éléments n’a plus vraiment une place importante dans la conception d’un jeu vidéo.

Plus simple mais toujours aussi efficace

Voici venu le moment le plus délicat du test puisque beaucoup de fans et amateurs du genre ont été déçus par les changements apportés au game-play de Ninja Gaiden. C’est vrai, le titre est devenu beaucoup plus simple et plus facile mais cela permet en contre-parti d’être plus accessible pour le grand public. Pour comprendre le choix des développeurs, il faut bien avoir en tête que ce troisième volet ne s’adresse pas uniquement aux hardcore gamer. Ainsi, on retrouve un Ryu équipé d’un petit arsenal à savoir le katana, un ninpo, un arc doté d’un système de visée automatique et les fameux shuriken disponibles en quantité illimité. Dans le même esprit, il n’est plus possible d’améliorer son arme principale, de récolter des herbes ou tout autre objet pour progresser dans l’aventure. Ninja Gaiden III fait dans la simplicité la plus totale afin de se focaliser principalement sur le scénario et la férocité des combats.

A ce titre, les puissants coups de katana ne permettent plus de déchirer les membres ce qui a pour effet d’accentuer les séquences où la lame pénètre bien profondément la cher jusqu’à l’os. Ce type d’attaque est réalisable une fois la cible affaiblie ou en appuyant sur la touche « Y » au bon moment et il est même possible d’enchaîner aussitôt des adversaires se trouvant non loin de notre dernière victime. On se croirait dans un véritable film de ninja à la sauce japonaise et cerise sur le gâteau puisqu’on peut éliminer des ennemis de sang froid alors que ceux-ci tentent d’implorer notre pitié ou essaient de ramper pour fuir le combat. Naturellement, Ninja Gaiden III affiche toujours autant de sang qui peut jaillir sur les murs ou rester quelques temps sur la lame histoire de renforcer d’avantage son atmosphère sanglante. Attention tout de même aux âmes sensibles car le titre se veut très violent et correspond donc à un public mature.

La malédiction de Ryu étant présente tout au long des 8 missions proposées par la campagne solo, ce dernier aura tendance à s’écrouler tant la douleur lui est atroce. Il faudra trouver la force d’abattre les ennemis d’un seul coup tout en évitant les attaques pouvant venir de l’arrière. Fort heureusement, Ryu pourra recevoir l’aide de Mizuki ou encore de la fidèle et charmante Momiji, la dernière femme oracle de la ligné des Dragons. Pour les plus curieux d’entre vous, Ryu aura aussi l’occasion de retrouver Ayane, son père Joe Hayabusa ainsi que le chef du clan de l’Araignée Noire, Genshin, affronté dans le précédent volet.

En enchaînant combos et autres attaques, une barre de furie se remplie peu à peu afin de lancer un puissant ninpo fort utile pour éliminer un grande nombre d’ennemis autour de Ryu en plus de restaurer une partie de son énergie. Le ninja-dragon peut également utiliser une attaque très puissante afin d’éliminer 4 à 5 cibles lorsque son bras droit est illuminé par une lumière rouge. Quelquefois, il est possible que les ennemis décident de se livrer et se sera à nous qu’incombe le choix de les laisser en vie ou de continuer le massacre mais au final, cela n’aura aucun impact sur la progression. Pour le reste, on retrouve les mêmes coups et mouvements mais à la différence près, Ryu aura l’occasion d’utiliser des grappins pour escalader certaines surfaces, faire appel à la voie du ninja afin de trouver le bon chemin ou détecter des cibles camouflées et il est également possible de se déplacer furtivement pour éliminer des cibles silencieusement.

Parmi les autres nouveautés, Ninja Gaiden III adopte les fameux QTE qui exigent d’appuyer sur une touche au bon moment mais peuvent être anticipés afin de rendre la progression plus naturelle au lieu d’être assistée. Pour plus de transparence, le menu des options permet de désactiver les aides contextuelles et il faudra alors exécuter les commandes sans aucunes indications. Ne vous méprenez pas, car si le titre a beau être plus facile que ces grands frères, il n’en reste pas moins un jeu difficile pour le commun des mortels. Dire que ce troisième volet est trop facile et n’offre aucun challenge est une grossière erreur car je peux vous assurer que j’ai perdu plus d’une vingtaine, voir une trentaine de fois, en mode normal d’autant plus que certains types d’ennemis sont relativement coriaces ! Pour ceux qui chercheraient une plus grande difficulté, les modes « Maître ninja » et « Ninja ultime » devraient leur convenir car même si les boss ne pas très compliqués à battre, Ryu ne dispose plus de graines de vie spirituelle et ne peut plus lancer de ninpos à n’importe quel moment. De ce fait, si le joueur encaisse trop de coups, il devra forcément recommencer la partie depuis le dernier point de passage alors que dans le précédent volet, il suffisait de posséder un inventaire bien garnit pour remporter, à coup sûr, la victoire.

Fidèle à la série, l’aventure nous emmène dans des lieux inédits tels que Londres, l’Arabie Saoudite, L’île Abismo, l’Antartique ou encore la Polynésie française. La Team Ninja adore nous faire voyager et nous envois même visiter le village de Ryu, se qui s’avère être un grand moment pour les fans. J’ai trouvé ce passage très plaisant et à la fois enrichissant mais malheureusement il n’est pas possible de se déplacer librement ou de discuter avec les habitants histoire de diversifié le game-play. Quoi qu’il en soit, le scénario et la mise en scène apportent une véritable fraicheur à la série tandis que nous évoluons dans une génération où ce type d’éléments n’a plus vraiment une place importante dans la conception d’un jeu vidéo.

Bienvenue dans les contrées ténébreuses

Grande nouveauté avec le mode « Les contrées ténébreuses » qui est en réalité un mode multijoueur permettant de s’affronter entre différents clans, d’accomplir diverses épreuves en solo ou bien avec un co-équipier. A la fin d’une partie, le joueur se voit attribuer des points lui permettant de débloquer de nouvelles compétences et autres items pour personnaliser son propre ninja ! Dans les contrées ténébreuses, le game-play se veut sensiblement différent du mode solo avec la présence de plusieurs ninpos, armes et la possibilité de se camoufler en marchant lentement pour ne pas être repéré par l’ennemi.Malheureusement, les joueurs se font peu présents sur le Xbox Live et du coup il ne sera pas facile de trouver de nombreux co-équipiers ou adversaires. C’est dommage car la Team Ninja a apporté un soin particulier à l’élaboration de ce nouveau mode qui allonge considérablement la durée de vie du soft.

J’ai eu un faible pour les épreuves proposées car elles permettent de jouer dans de nombreux niveaux n’étant pas présents dans la campagne solo tout en gagnant des compétences pour évoluer. De plus, il est possible de lancer des épreuves en solo ou même de s’entraîner en attendant que des joueurs viennent rejoindre le salon. Je vous conseille fortement de patienter la fin de journée pour jouer sur le Live à Ninja Gaiden III, puisque c’est à ce moment que les joueurs américains branchent leur console. Cependant, il faudra posséder un mot de passe inscrit dans le mode d’emploi afin de débloquer le mode multijoueur. Pour les personnes disposant d’un exemplaire acheté d’occasion ou qui se sont fait prêter le jeu par un ami, il faudra obligatoirement débourser 800 points Microsoft afin d’acquérir ce fameux mot de passe. Une pratique devenue de plus en plus fréquente de nos jours et qui risque de se banaliser durant la prochaine génération de console…

Plus beau, plus impressionnant mais peu optimisé !

4 ans séparent Ninja Gaiden III du précédent opus et le moteur 3D s’est vu nettement amélioré avec des graphismes plus fins, plus effets 3D et des ennemis héritant d’une réalisation très soignée. C’est tout simplement bluffant et le tout est joliment présenté à l’écran avec de très belles cinématiques en images de synthèse. Ryu Hayabusa a lui aussi hérité de quelques améliorations et se veut dorénavant plus grand tout en possédant une meilleure modélisation. Seulement voilà, le jeu n’est pas constamment fluide et occasionne quelques ralentissements en plein combat. Le problème a déjà été rencontré dans Ninja Gaiden II et il est fort regrettable que Fumihiko Yasuda et son équipe ne se sont pas d’avantage penchés sur l’optimisation du moteur 3D. J’ai également remarqué, à de rares occasions, quelques soucis au niveau de la caméra qui n’arrive pas toujours à suivre correctement Ryu. Ne soyons pas trop dur car après tout, cette suite affiche des niveaux aux décors très soignés, un grand nombre d’ennemis à décimer, de superbes séquences en 3D et le tout sans le moindre bug ! Il ne faut pas oublier que la Xbox 360 a ses limites et je m’étonne encore à voir un jeu aussi beau tourner sur une console âgée de plus de 6 ans…

Pour le reste, le titre nous offre une bonne jouabilité et se prend très facilement en main. Les combos sortent sans aucune difficulté même pour un débutant n’étant pas habitué à ce type de jeu. Cependant, il faudra quand même s’entraîner longuement pour apprendre toutes les techniques et coups spéciaux que possède Ryu Hayabusa question d’être efficace une fois rentré dans des niveaux de difficulté beaucoup plus ardue.


Avec sa campagne solo à terminer plusieurs fois (comptez environ 7 à 9 heures pour l’achever en mode normal) et son mode « Les contrées ténébreuses », Ninja Gaiden III possède une très grande durée de vie sans oublier que la Team Ninja a déjà sortie pas mal de DLC pour prolonger l’expérience. Je pense sincèrement qu’au niveau technique, ce nouveau beat’em all s’en sort très bien et n’a pas à rougir face à la concurrence. Il y a du travail, ça se sent et ça se voit malgré un game-play devenu plus simple. La bande son est également à la hauteur des espérances avec des musiques bien rythmées et des bruitages fort bien réalisés. J’aurais quand même apprécié, pour une fois, qu’il soit possible d’avoir des voix japonaises plutôt qu’anglaise histoire de se plonger un peu plus profondément dans le jeu.

Conclusion

Je suis quand même soulager de constater que Ninja Gaiden III n’est pas aussi mauvais comme tend à le dire certaines personnes. Non, Ninja Gaiden III est loin d’être un mauvais jeu et il serait injuste de le pénaliser sous prétexte que le game-play se veut désormais ouvert au grand public. Il possède de nombreux atouts dont un bon scénario, une excellente mise en scène, de belles cinématiques en 3D, une ambiance toujours aussi gore et violente notamment grâce à « l’attaque jusqu’à l’os » ou les nombreuses giclés de sang. N’oublions pas le mode « Les contrées ténébreuses » qui permet de jouer à plusieurs sur le Live et allonge considérablement la durée de vie du soft. C’est vrai, les puristes et autres fanatiques de la série risquent d’être déçus car ils s’attendaient certainement à retrouver à l’identique un Ninja Gaiden II accompagné de nouvelles missions encore plus difficiles mais je pense que cette suite devrait amplement les satisfaire du moins pour un certain temps. Pour ma part, j’ai passé un très bon moment devant l’écran et je compte bien évidement continuer l’expérience en espérant que la Team Ninja penche déjà sur un quatrième volet.

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